Les outils du jardinier

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Tout jardinier doit posséder les outils nécessaires à l’entretien de son jardin. On distingue les outils destinés au travail du sol et ceux qui servent à l’entretien des végétaux et du jardin. On peut les choisir soit manuels, soit motorisés.

Pour les outils de sol, les outils de base sont la bêche, la fourche-bêche, la griffe. Pour la plantation des semis : un plantoir, un semoir à manche ou à main, un cordeau, un râteau, un sillonneur, un arrosoir.

L’entretien du sol au potager nécessite : une binette, une serfouette, un émietteur, une
griffe à 3 dents.

Pour retourner la terre ou les déchets végétaux : une pelle ronde ou carrée, une
fourche, une brouette, une pioche…

Pour le traitement des végétaux : un pulvérisateur de 250 ml à 16 litres, une
poudreuse.

Au jardin d’ornement : un sécateur, un sécateur-élagueur, une cisaille à haie, une
égoïne, une scie à bois.

Pour l’entretien des pelouses : une tondeuse, un scarificateur, un rouleau, un épandeur à engrais, un balai à gazon, un coupe bordure, une cisaille à gazon.

Un bon équipement est un atout pour de bons résultats.
 

Le sol et ses constituants

“Une bonne connaissance du sol est indispensable pour mener à bien la fertilisation raisonnée”.
Le sol provient en général de l’altération de la roche mère sous-jacente, appelée sous-sol. Le jardinier travaille la couche arable, plus riche en matières organiques.

  • L’eau dans le sol
La réserve en eau assure la quasi totalité des besoins en eau de la plante. L’eau dissout les éléments nutritifs pour constituer la solution du sol qui est absorbée par les racines. Plus la texture d’un sol est fine, plus sa réserve en eau est élevée. La part de l’eau qui s’infiltre dans le sol est d’autant plus importante que la surface offre plus d’obstacles au ruissellement et que la structure du sol est plus grossière.
L’eau d’infiltration se charge sur son passage en oxygène, gaz carbonique et sels minéraux. Une partie de l’eau est prélevée par la plante pour son alimentation mais aussi pour compenser les pertes par évaporation au niveau des feuilles. Une autre partie de l’eau d’infiltration peut être perdue par drainage, durant les périodes humides en
en cas d’irrigation mal conduite, entraînant des pertes d’éléments minéraux. Enfin, une partie de l’eau peut être perdue par transpiration par les feuilles ou par évaporation à la surface du sol, qui peut être réduite par paillage ou brise-vent.

Avant d’effectuer semis ou plantations, il faut ameublir le sol. On choisira, de préférence, le moment où le sol est
humide. Ce travail est plus facilité en automne. Il suffit d’un labour profond et grossier. La division des mottes se fera
automatiquement par le gel.

  • Le labourage
On ameublit la terre sur une profondeur de 20 à 30 cm. On aura pu, auparavant, épandre du fumier décomposé afin de l’enfouir au moment du bêchage.

  • L’émiettage
Il consiste à briser des mottes laissées par le bêchage. Indispensable avant tout semis, on se servira d’une griffe ou un émietteur à roue. Auparavant, il faut éliminer cailloux et racines de mauvaises herbes.

  • Le ratissage
C’est la finalisation du travail de la griffe avant un semis.

  • L’arrosage
Celui-ci aura lieu de préférence le matin au printemps et le soir en été. Il doit être copieux et espacé dans le temps, plutôt que restreint et fréquent.
Les spécialistes diront qu’il faut arroser au bon moment et pour cela, observer l’état des plantes et leur degré de flétrissement ; effectuer des sondages dans le sol pour déterminer l’humidité de la terre (petite astuce : enfoncer un crayon ou une aiguille à tricoter dans le sol, s’il ressort sec, il y a un besoin d’eau, la terre colle sur le crayon, il y a suffisamment d’humidité) ; enfin apporter la quantité d’eau nécessaire selon le volume des plantes, l’époque et le sol dans lequel elles sont cultivées.
 

La fertilisation

Le rôle de la fertilisation est d’assurer une nutrition optimale des plantes cultivées à tout moment de leur cycle pour atteindre l’objectif de rendement et de qualité recherché. L’offre du sol satisfait rarement tous les besoins des cultures.
Pour être durable, la fertilité des sols doit être maintenue par des apports réguliers de fertilisants minéraux et organiques qui compensent les exportations d’éléments nutritifs liées aux récoltes et entretiennent la matière organique du sol.

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L’azote, le phosphore et la potasse sont les trois éléments principaux permettant la fertilisation d’un sol. Ils sont souvent accompagnés d’éléments secondaires comme le soufre, le magnésium et le calcium, d’oligo-éléments tels le zinc, le cuivre, le bore… qui sont indispensables au bon équilibre des plantes afin d’éviter les carences.

- L’azote (N) est un des éléments les plus importants pour la constitution du feuillage où se fait la photosynthèse et donc le rendement de la culture : c’est le pivot de la fertilisation.
Une mauvaise croissance et un feuillage jaunâtre, indiquent une carence en azote.
- Le phosphore (P) est un facteur de croissance qui favorise le développement racinaire, la floraison et la fructification : c’est un élément de qualité.
- La potasse (K) favorise la floraison, améliore la saveur des fruits et légumes et augmente la résistance des plantes au gel et aux maladies : c’est aussi un élément de qualité.
- Le magnésium (Mg) est un élément de la chlorophylle, améliorant la couleur et la santé des plantes. Des taches sur les feuilles ou un jaunissement de ces dernières indiquent une carence en magnésium.
- Le fer (Fe) participe à la synthèse de la chlorophylle ; son absence ou son insuffisance conduit à la chlorose (les feuilles deviennent jaunes à l’exception des nervures qui restent vertes).

  • Les engrais
Il est nécessaire d’apporter régulièrement des éléments fertilisants à votre sol, surtout là où les plantations sont concentrées et dans les milieux réduits comme les jardinières et les pots de fleurs.

Les engrais organiques
Ils sont naturels et d’origine animale ou végétale. Les engrais organiques complets se présentent sous forme de granulés ou de poudre.
Parmi les engrais organiques citons :
• Les fientes de volaille qui améliorent les terres lourdes.
• Les guanos type Pérou, d’oiseaux, de poissons ou de chauves-souris sont riches en azote ou en phosphore et assurent une fertilisation progressive.
• Le sang desséché, la corne broyée ont fait leur apparition parmi les engrais.
• Des engrais organiques ou organominéraux à base de farine de plumes, de tourteaux végétaux et d’algues sont
également employés pour améliorer la nutrition des plantes.

Les engrais organiques seront décomposés lentement par les micro-oganismes du sol et serviront à alimenter les plantes au fur et à mesure de leurs besoins. Ils doivent être incorporés de préférence dans le sol à l’automne par un traitement de fonds et commencer ainsi leur décomposition lente pour être disponibles durant le printemps, la chaleur aidant.

Les engrais minéraux sont fabriqués de manière industrielle, ce qui leur a valu l’appellation d’engrais chimiques. Ce sont en fait des produits se présentant sous forme de granulés ou de poudre, aux dosages très précis. Les éléments fertilisants (N, P, K) sont davantage concentrés et sous une forme plus rapidement assimilable que les engrais organiques. Les engrais universels (8 %N, 8 %P, 8%K) ont une composition équilibrée pour toutes les plantes.

Les engrais minéraux simples contiennent un seul des 3 éléments en pourcentage élevé. Il faut les appliquer aux moments précis où la plante en aura besoin. Leur action est rapide et de courte durée et permet de contrecarrer les carences.

  • Les amendements

Les amendements (minéraux basiques et organiques) ont pour but d’améliorer la structure du sol en apportant parfois des éléments fertilisants.

Le chaulage
L’apport de chaux (amendement minéral basique) consiste à corriger l’acidité du sol. Il permet également de rendre un sol plus friable et facilite son travail. L’époque favorable est en automne.

Les amendements organiques
Principalement à base de produits d’origine végétale (qui seule peut donner des substances humiques), ils améliorent la fertilité du sol en agissant sur les propriétés physiques, chimiques et ou biologiques des sols ; ils entretiennent ou reconstituent le stock de matière organique du sol.
On trouve :
• Les fumiers : déjections animales sur litière (tourbe, paille, écorces, sciure) ils participent à la fertilité globale du sol
• La tourbe : elle ameublit les terres lourdes et compactes (argileuses, argilo-calcaires), donne du corps aux terres légères (sableuses) et leur permet de retenir l’eau.
• Les composts verts et végétaux qui permettent de recycler la matière organique.
 

Le compost

La matière organique est l’un des agents majeurs de la fertilité physique des sols, de
leur aération et leur résistance à la dégradation et à l’érosion.
Un bon moyen d’apporter de la matière organique à un potager ou à un jardin d’ornement, c’est d’élaborer son propre compost dans un coin du jardin. Le compost, par son rôle d’amendement organique, apportera les éléments nécessaires au développement du milieu microbien (ex : humus qui libèrera des éléments fertilisants
lors de sa dégradation (2% environ par an)).
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Il est donc nécessaire de compenser l’appauvrissement du sol en enfouissant du compost ou un autre amendement organique équivalent.
On l’incorpore, à l’automne, à la terre par un bêchage pour un traitement de fond ou en l’étalant en surface du parterre ou autour des arbustes. C’est une manière de recycler les déchets végétaux et les restes de cuisine. Une tonne de déchet vert permet d’obtenir environ 500 kg de compost.
L’humus ainsi produit suffit pour entretenir le taux de matière organique du sol.

  • L’obtention d’un compost est le résultat du compostage, processus durant environ 6 mois, durant lequel vont se succéder trois phénomènes :
• Le premier est une dégradation aérobie intense qui va amener les résidus à l’état de compost frais. Il s’agit essentiellement de la décomposition de la matière organique fraîche à haute température (50-70°C) sous l’action de bactéries.
• Le deuxième est une perte de masse et de volume, due à la perte de matières, à l’évaporation de l’eau sous l’effet de la chaleur et au tassement.
• Le troisième est la transformation de ce compost frais en un compost plus mûr, riche en composés humiques ou fulviques par une fermentation moins soutenue. Ce phénomène de maturation, qui se passe à température plus basse (35-45°C), conduit à la biosynthèse de composés humiques par des champignons.

Les matériaux servant au compostage peuvent être variés :
- tontes des gazons et pelouses, qui apportent beaucoup d’azote ;
- feuilles d’arbres et arbustes (ne pas ramasser les feuilles atteintes de maladies : oïdium, rouille, taches noires etc., les brûler)
- mauvaises herbes (avant l’apparition des graines) ;
- les déjections des animaux de basse-cour (poules, lapins…) ;
- les litières animales ;
- les fleurs fanées ;
- épluchures de légumes et de fruits;
- coquilles d’oeufs ;
- cendres de bois qui contiennent un peu de potasse ;
- pailles de blé ou autre ;
- le marc de café est riche en azote et en oligo-éléments, les filtres biodégradables.

Eviter les restes de viandes qui attirent les rats et peuvent dégager des odeurs gênantes.

  • Les différents composts

Il existe plusieurs types de composts selon les matières premières mélangées au départ et la manière de composter.
Un broyeur est un outil précieux pour la préparation des matériaux. Il permet de réduire la taille des déchets et des branches, ce qui accélère le processus de compostage.

Le compost vert obtenu à partir de végétaux issus de l’entretien des jardins (tontes, tailles, feuilles, élagages…).
Le compost de fermentescibles alimentaires obtenu à partir des déchets de l’alimentation (épluchures, marc de café,
coquilles d’oeufs…).
Le compost végétal est issu de matière(s) végétale(s), seule(s) ou en mélange, sans produits végétaux provenant de l’entretien des jardins, ayant subi un processus de compostage (exemples : paille, tourteaux, algues, marcs de raisin…), sans matières animales et/ou fumiers.
Le compost “maison” c’est celui que l’on obtient en mélangeant les déchets de l’alimentation et les végétaux ou parties de végétaux issus de l’entretien du jardin.

  • Emploi du compost

Plusieurs emplois sont possibles :
- comme amendement organique, le compost améliore la structure du sol et assure sa fertilité ;
- comme paillage, le compost permet de garder la terre humide et de limiter le développement des mauvaises herbes ;
- comme additif dans les supports de culture (terreaux…) pour les plantes d’intérieur et jardinières (en mélange et en quantité limitée) ;
- lors de la plantation des arbres et arbustes fruitiers et d’ornement.